Jean Michel
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bons sautés !
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« le: 21 Juillet 2010, 07:48:29 pm » |
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Du para au BASE : le cheminement d’un débutant Matos - Anthony Fontaine - 2005-12-05 BASE Report
La question du « comment débuter » revenant souvent, je vais tenter d'apporter une toute petite pierre en forme de témoignage. Le recul est particulièrement modeste (3 sauts !) mais j'ai le sentiment d'avoir déjà un peu de matière pour m'exprimer, alors pourquoi pas... Très loin de moi l'ambition de livrer une recette, d’une part je n’ai évidemment pas l’expérience suffisante, et d’autre part tout le monde sait que l'approche du BASE dépend avant tout du vécu et de la psychologie de chacun. En revanche il semble qu'il y a des passages obligés, et je serais heureux si ce bout de témoignage aide un jour à décourager un impatient de brûler les étapes...
En débutant le para on se trouve généralement très vite face à des images de BASE, et en général la fascination est au rendez-vous. Je n'y ai pas échappé, mais je n’envisageais pas à cette époque (récente : 2001) de m'y mettre un jour. Elites ou frapadingues, je ne me voyais appartenir à aucune de ces catégories ! Et puis peu à peu, au fil des sauts, des discussions et d'une certaine compréhension du monde para et de sa technique on peut parfois passer de la fascination au fantasme, puis du fantasme à un véritable intérêt… de plus en plus réfléchi... jusqu’à se dire « finalement, pourquoi pas moi ? » Pour ma part le « pourquoi pas moi » est venu, très grossièrement, autour de 150-200 sauts. J'en suis très vite venu à prendre des contacts et multiplier les sources d'info, jusqu'à l'achat de mon piège un peu avant mes 300 sauts en février dernier. Etait venu le temps de m'entourer afin de me faire conseiller, et accompagner (merci au passage à ceux qui se reconnaitront !). Je retranscris ici quelques-uns des conseils et pré-requis importants - pour ne pas dire vitaux - qui du haut de ma très jeune expérience me semblent absolument incontournables. Certains relèvent de l'évidence mais c’est toujours mieux quand c’est dit :
1/ La « culture BASE » :
Depuis le début de ma démarche je suis parti du principe que tous les conseils du monde étaient bons à prendre, mais pas forcément bons à suivre ! J\'ai donc multiplié et croisé les sources d'information en me persuadant que le pain béni n'a pas cours. C'est principalement au travers de la lecture quasi exhaustive de toute la « littérature » du web (y.c. anglophone), de questions posées oralement ou sur des forums, d'avis échangés, que je me suis peu à peu constitué un début de culture BASE qui me parait absolument indispensable avant d'envisager l’achat d’un piège, et a fortiori avant un premier saut.
2/ Les sauts d’avion :
Pas de surprise un des pré requis pas excellence c'est… le bon gros paquet de sauts d'avion ! J'ai souvent lu ou entendu « 200 sauts minimum », j’en ai fait 300. L'expérience de la chute, de ce qu'implique tel ou tel mouvement ou position, du pliage, de la compréhension de l'ouverture d'une voile, de son pilotage, d'un minimum de précision au posé, et j’en oublie… tout cela ne s'apprend pas autrement qu'en bouffant du saut d'avion, et sans modération. Je passe donc sur cette lapalissade, il faut avant tout être parachutiste, et de préférence relativement confirmé.
3/ Le pliage :
Aidé par le DVD livré avec le piège et que tout le monde connaît, j'ai peaufiné mon pliage en observant d'autres BASE jumpers et leur ai posé des questions techniques sur les points qui me restaient obscurs. Comme en parachutisme classique finalement : on apprend, on observe, on interroge, et on se fait son petit mix pour arriver à un pliage customisé qui vous est propre, dans les deux sens du terme (ceci dit attention la latitude est faible, 95% du pliage reste identique d’un plieur à un autre…). Ne pas hésiter à plier replier et rereplier, et de se faire observer pendant le pliage avant un premier saut !
4/ La proximité du sol :
Sauter d’un avion c’est sauter dans un décor, le sol est loin, l’imminence de sa « rencontre » se fait moins ressentir qu’en l’observant de 100 ou 200 mètres. A moins d’être un habitué des via ferrata ou de la varappe il est intéressant de s’habituer à cette proximité avant son premier BASE, histoire de voir ce que ça fait d’avoir les talons sur du béton et les orteils dans le vide. Une très bonne occasion pour ça : le saut à l’élastique. J’en ai fait deux, bien avant le BASE, c’est peu mais je suis sûr là aussi que ça m’a servi...
5/ Le choix du premier spot :
Toujours aussi évident : choisir pour votre premier saut un spot déversant ! Idéalement un pont. Autant mettre les chances de son côté et éviter un strike si la position en chute ou le pliage orientent la voile à l’ouverture. Pas de délai pour un premier saut (de préférence… mais sur cette question c’est vrai qu’il y a deux écoles) donc glisseur démonté, champipi à la main, et ne pas partir rangé avant de se sentir vraiment à l’aise (pas en dessous de 100m en tous cas). A savoir qu’entre le saut extracteur à la main et le saut rangé il y a l’option du sauts rangé avec main sur la poignée du deploy, ça évite une transition trop brutale entre les deux…
6/ La vitesse zéro
Là je dois avouer un certain étonnement parce que ce n'est pas toujours présenté comme indispensable, et pourtant… Pardon pour cette précision évidente mais en sautant d'un point fixe on n'a aucun appui sur l'air, au risque d'être gravement surpris quand on est habitué à sortir d'un Pil à 70 ou 80 nœuds, avec toute la dynamique que ça implique. En sortant un peu en vrac d'un avion une petite correction de position du corps permet de retrouver un axe ou une inclinaison. Rien de tout ça en BASE, et c'est ce qui donne toute son importance à l'impulsion : quelqu'un qui part piqueur n'a aucun moyen de rétablir rapidement sa position, avec le risque énorme, entre autres, de se prendre les pieds dans les suspentes à l'ouverture. Il faut savoir que sans un poil d'air dans les mains à l'exit la position doit être irréprochable, sous peine de se voir embarqué dans une rotation qui dans le pire des cas peut être fatale. La fameuse « BASE fatality list » évoque beaucoup « d'instabilités », je pense ne pas trop m'avancer en disant qu'il \'agit sans doute dans de nombreux cas d'un manque d'expérience de départ à vitesse zéro. Nul besoin cependant de faire des dizaines et des dizaines de sauts à vitesse nulle avant son premier BASE, la position s'appréhende finalement assez vite, et on comprend rapidement qu'il s'agit de se concentrer sur son impulsion et d'attendre gentiment les appuis, ou l’ouverture, sans mouliner des bras (mouliner des bras sert au mieux à être ridicule, et au pire à se déstabiliser dangereusement). En ce qui me concerne j\'ai fait une dizaine de sauts d'hélico en stationnaire à l’occasion de challenges PA (dz de « Le Blanc » chaque année au mois d’août), et cinq largages depuis un parapente pour m’habituer à cette fameuse « vitesse zéro ». Aussi plaisant qu’utile…
Voilà, en substance. Je passe outre « l’extase » indescriptible ressentie lors de ces tous premiers sauts, à moins d’être poète il est toujours très difficile de mettre des mots sur des sensations. Je me dis néanmoins que si j’ai absolument a-do-ré cette première expérience, c’est peut être parce que j’ai tout fait pour laisser un minimum de champ libre à… la trouille. La peur projette une ombre dangereuse à la fois sur la concentration et sur le plaisir, autant donc la minimiser par une approche la plus progressive possible... Je ne suis sans doute pas un modèle de prudence, mais je crois que ma progression était suffisamment « douce » pour me permettre de me sentir en confiance, et donc de vivre pleinement mes sauts dans des conditions de sécurité optimales. Sauter bien préparé - techniquement et psychologiquement - décuple le plaisir, et évite accessoirement de se faire mal…
J’en ai terminé de ce petit retour d’expérience, ceux qui auront bien lu comprendront que tout ça constitue UN avis, le mien, et qu’avant d’éventualiser de s’y mettre il faut en moissonner beaucoup d’autres…
A bon entendeur !
Anthony Fonteyne.
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